Voici un article que j'ai voulu publié dans le journal "LE FLEURON" de l'Ecole des Forces Armées (EFA) de ZAMBAKRO en Côte d'Ivoire; mais qui à cause de la situation du pays à l'époque n'a pu avoir le jour. Bonne lecture!

 

Quelle sera la face de la guerre aérienne demain ? Déjà les laboratoires américains qui possèdent une franche longueur d’avance dans le domaine technologique et militaire y pensent. Ainsi les UCAVs (Unmanned Combat Air Véhicule ou en français engins militaires sans pilote), des avions d’attaque sans pilote sont à l’essai. Leurs caractéristiques principales ? Ils se présentent avec des formes qui les rendent invisibles au radar, des performances de haut niveau et dotés d’ « intelligence » artificielle et capable de « penser » par eux-mêmes pour réaliser des missions de brouillage électronique ou des frappes aériennes à partir de porte-avions, le tout en mode autonome ou en parfaite coordination avec des vecteurs pilotés.

La nouvelle génération de drone de combat sans pilote, déjà testée par les troupes américaines et britanniques lors de la guerre en Irak ne sont qu’un premier pas vers la guerre aérienne sans pilote.  Les laboratoires des grands constructeurs militaires se livrent à une grande concurrence en vue de contrôler ce nouveau marché. Que ce soit Israël, les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, ou encore la Chine, l’Inde, l’Allemagne, la Turquie, les grandes armées du monde se lancent dans une nouvelle course à l’armement stratégique qui ne dit pas son nom. En ce moment, la production et le développement des drones de combat sont largement dominés par l'industrie américaine, mais plusieurs pays se sont lancés avec succès dans la compétition, en particulier Israël, qui possède une longue expérience, grâce au fait que son espace aérien n'est contrôlé que par les militaires, et la France. 

Mais quel avantage présente donc un drone de combat pour susciter autant de convoitise ? Engin volant de taille réduite, moins cher et plus simple à mettre en œuvre qu'un avion (la présence d'un pilote étant l'un des éléments les plus dimensionnant pour la conception d'un tel système), il est également plus discret et sa perte n'est pas aussi lourde de conséquences que celle d'un appareil complet et de son pilote. Il représente une alternative intéressante aux pays dont le budget est limité ainsi qu'aux terroristes potentiels (étatiques ou non), grâce à son faible coût de fabrication et d'utilisation.

Au fur et à mesure que les technologies, informatiques notamment, progressent, les drones peuvent être utilisés comme plate-forme de désignation de cible ou comme armes. Ils sont aussi utilisés comme précurseurs d'opérations, souvent à des fins de recueil de renseignements. Leurs missions sont alors la surveillance la reconnaissance, la suppression des défenses aériennes ennemies et  des opérations de frappe par tout temps.

De ce fait, les forces armées des États-Unis qui disposent depuis les années 1990 de la plus grande flotte de drones en service veulent profiter de leur avance technologique afin de prendre le large dans ce domaine. Ainsi  Le nombre et les rôles des drones de combat (en janvier 2010 environs 200 appareils volant à haute altitude comme le Predator, le Reaper, le Global Hawk…) vont croissant, complétant ou remplaçant les avions pilotés qui ont vu leur nombre décroître depuis les années 1980 suite à l'explosion des coûts des appareils modernes. L'US Navya même prévu de consacrer  un budget de 2 milliards de dollars américain pour 2013-2015 et qui devrait monter à 7 milliards en 2020 à l’étude et à la conception de drones de combat.  L’US Air Force envisage l’intégration des drones de combat dans ses forces à l’horizon 2015.Cela démontre ainsi qu'aux États-Unis, les UCAVsoccupent une place privilégiée dans l'ensemble des systèmes d'armes.Le choix de leurs missions prioritaires et surtout les coûts d'acquisition et de possession, font l'objet d'études et de discussions depuis plusieurs années. C’est dans cette veine que plusieurs programmes de démonstrateurs d'UCAV réunissent en ce sens la DARPA (Defence, Advanced ResearchProjects Agency), l'US Air Force et l'US Navy qui se sont regroupées en octobre 2003 sous le sigle «Joint Unmanned Combat Air System» (J-UCAS) afin de faire converger des spécifications jusqu'alors assez différentes. Après une première étape réalisée par des modèles réduits (X-45A de Boeing et X-47A de Northrop Grumman), un programme de démonstration baptisé Block 2 doit se poursuivre avec des véhicules de plus grandes dimensions. Le but est, entre autres, d'examiner la capacité des drones de communiquer entre eux (afin de mener des missions coordonnées), d'effectuer le largage d'une bombe à guidage GPS, de faire l'objet de reprogrammation de mission en cours de vol, ainsi que d'un transfert de contrôle de la mission, d'un opérateur vers un autre, distant du premier.

Plusieurs autres programmes d'évaluation ou de démonstration de drones sont en cours (au total, une douzaine), comme par exemple le BAMS (Broad Area Maritime Surveillance) lancé par l'US Navy pour 2 milliards de dollards, en complément du futur avion multi-mission MMA (devant remplacer le Pucav_a1-3C Orion), pour la surveillance, l'appui tactique et le relais de communications (parmi les candidats figure le Predator B de Lockheed Martin), ou l'UCARE, programme de drones de combat à voilure tournante, dotés de missiles et de roquettes.

Par ailleurs, la démonstration des véritables capacités opérationnelles seront les objectifs des deux nouveaux démonstrateurs en cours de développement chez les deux mêmes constructeurs, respectivement le X-45C et le X-47B, cette fois de masse et de dimensions comparables à celles d'avions de combat (Le X-45C de Boeing aura une envergure de 15 m et une masse au décollage de 16 570 Kg, dont 2040 Kg de charge utile). Selon les spécifications communes du J-UCAS, ces appareils devront avoir un rayon d'action maximal supérieur à 2000 km, une vitesse de croisière de Mach 0,85, à une altitude supérieure à 10500 m, et emporter deux bombes de 1 tonne en soute.X-47 Pegasus Unmanned Combat Aerial Vehicle (UCAV)

Comme on le voit, la guerre de demain ne sera plus une question de masser des troupes sur les lignes de front en tain de crapahuter de jour comme de nuit pour espérer remporter la victoire. Elle sera plus stratégique et utilisera plus de moyens technologiques et matériels qu’humains. Finie donc l’ère où la supériorité numérique des forces engagées était un gage de victoire. Désormais la science-fiction a quitté les écrans de télévision pour entrer dans la réalité, et ce par la grande porte !